Nom de Dieu, ouvre la bouche, je t'en supplie! Tes mots me tiennent à la vie, dis quelque chose! Mon amour, ton silence
pervers est trop lourd. Il me démolit. Je t'en prie, dis quelque chose. Même si, aujourd'hui, tout ce qui a été beau explose,
même si les lauriers fânent plus vite que les roses.
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J'écarte d'une main peu sûre les cheveux de ton visage. Tu n'es plus jolie... La tristesse a attaqué ton regard à la pioche.
Je crois que cette fois c'est bien fini. On se croyait plus fort, on emmerdait la mort. On est si peu de choses...
Les lauriers fânent plus vite que les roses. On encaisse moins bien les coups bas, on négocie moins bien les virages. Je ne
suis plus ton héros, qui te serrait si fort quand tu avais peur du terrible orage. Pour éclairer tes yeux, pour te raconter
mille fois comment serait notre mariage. Mais aujourd'hui, tout ce qui a été beau explose! Les lauriers fânent plus vite que
les roses... On est ruiné. Regarde comme la vie à deux fait parfois des ravages. Et encore, on a évité de peu ce putain de
mariage! Toutes ces nuits pourries à colmater la faille, à faire du collage. On ne peut pas tout reprendre au début, refaire
l'emballage. On ne fait plus les beaux, on ne prend plus la pose. Les lauriers fânent plus vite que les roses. Regarde-moi! Ne baisse pas les yeux! Tu vas tourner la page. Tu vas trouver bien mieux, un qui en veut, un qui a la rage! Un qui vit pas comme un vieux, qu'a pas la mort toujours dans les parages. Un qui croque la vie, sans partage.
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Ouvre la bouche, je t'en supplie, dis quelque chose! Même si, aujourd'hui, tout ce qui a été beau explose... Même si les
lauriers... fânent plus vite... que les roses...



